Reviews about Six Twilights: *** FatCat Records by Dave Howell: http://www.fat-cat.co.uk/demo/artist.php?id=98 These three tracks are really beautiful examples of A. Sweater's work. Based on recordings of their two sweet voices and picked acoustic guitars, these source recordings are then shuffled and stuttered through hard disk editing, into something that's both glitchy and sharded whilst still retaining the strength of the original songs. Cool stuff. *** Derives by Didier Goudeseune: http://www.derives.net/reviews/review.php?id=1377 Mum? The Secret Stars? His Name is Alive? Hood? Empress? Apeiron? RF? Piana ? Spoonfed Hybrid? Est-ce que je suis réveillé ou juste encore occupé à dormir? ‘Music for six twilights’ est un rêve éveillé, un immense bol d’air frais, développant une mélancolie éthérée des plus dépaysantes, quoique invariablement intimiste et douce, passant de voix féminines à masculines, toutes manipulées et reconstruites dans ces structures de morceaux laissant une grande place aux nappes atmosphériques et constructions plus électroniques. A. Weather, mais qui semble maintenant avoir pris le sobriquet et Sweater Weather, est l’œuvre d’un certain Aaron Gerber (actif en solo également sous le nom de Bird Weather) qui écrit et compose tout, mais profite de l’aide précieuse de Zoë Wright et de Liz Isenberg (qui a également un projet solo, du folk à la The Microphones). “Enclose piece of sky” est une magnifique pièce éthérée, toute en nappes, réverbérations, manipulations électroniques et vocales, portée par un chant féminin rêveur, sensuel, lumineux et très légèrement mélancolique. Sur ‘Still Talk’ on fait connaissance avec le chant particulièrement troublant et mélancolique de Aaron Gerber, d’une profondeur mélancolique qui n’est pas sans rappeler celle d’un Mark Kozelek, d’un David Bazan ou d’un Mark Eitzel, mais transposés dans un univers musical bien plus moderne même s’il affiche une profondeur équivalente, pas forcément très éloignés de certaines voies explorées par RF ou David Sylvian. Toujours simplement des claviers, synthés et autres arrangements et manipulations digitales. Mais ça transporte vivement. Avec ‘oak trees like stray hairs’ c’est le retour au chant féminin dans une déclinaison ici particulièrement aérienne développant des ambiances très dreampop et intimistes. Puis, oh surprise, que voit-on apparaître sur l’intro de ‘tonight i'm letting you drive’, une guitare acoustique qui deviendra bientôt plus discrète tandis qu’un jeu d’harmonies vocales féminines et masculines vient s’installer en plein milieu d’une atmosphère m’évoquant les meilleurs moments de Collections of Colonies of Bees ou Gastr Del Sol. Le tout se révèle particulièrement envoûtant et dépaysant. Avant que la mélancolie ne revienne au galop sur un ‘the way you smile’ où le chant mélancolique et chuchoté de Aaron glisse sur des mers de nappes qui se disloquent comme la banquise au printemps. Sublime. Très beaux paysages en apesanteur sur ‘Full with snow’, agrémenté tout du long de vocalises féminines reconstruites, me rappelant un petit peu les univers croisés de Piana, Gutevolk ou Apeiron. Débarque alors de nulle part une de ces chansons sentimentales qui me coupent en deux, Aaron armé seulement de sa guitare folk et de son chant mélancolique particulièrement émouvant, un joyau infiniment précieux qui nous renvoie aux meilleures chansons des Secret Stars ou de Wio, ‘I can’t even begin to tell you’, à écouter en boucle pour l’éternité, courrant pieds nus dans l’herbe couverte de rosée du petit matin, célébrant l’aube sur un cœur ému. Il nous faut bien alors le seul instrumental du disque, ‘seals in the water’, avec un petit côté RF, tout en nappes lumineuses imbriquées pour nous en remettre. Puis nous revoilà bouleversé terriblement avec l’aérien et aéré ‘how you get to see the light move all day’, nappes et vocaux féminins manipulés qui nous laissent dans un état second après une bonne dizaine d’écoute. Ce qui se passe sur ce disque sort terriblement de l’ordinaire. ‘Scarf Bed’ pousse encore plus loin cette dimension ambiante le long de ses presque treize minutes d’apesanteur, embrassant une dreampop idyllique sur un terrain plus féerique et séducteur que Slowdive ou Bowery Electric par le passé, une seule chose à faire, se laisser envahir d’hébétude et de béatitude, se laisser emporter par le courant… D’autant que Aaron lâche un dernier coup de poignard dans la dernière ligne droite avec une relecture à la guitare acoustique du second morceau de l’album, ‘Still Talk’, une seule chose à faire, se rendre, signer en bas, et voilà nous sommes fans, ‘Music for six twilights’ est l’un de mes disques de chevet de l’année 2006, l’un des disques de l’année tout court. ***